October 18, 2013

An old Monk

Dimanche dernier, nous avons vu le spectacle “An old Monk”, dans lequel “Josse De Pauw présente un texte personnel sur une musique de Kris Defoort ; les deux artistes s’inspirent de l’œuvre de Thelonious Monk. Ce spectacle parle de la volonté de vivre à tout prix.” (www.theatrenational.be).

Nous sommes très heureux d’avoir découvert le Kris Defoort trio : un jazz moderne et enlevé, mêlant abstraction et expérimentation, mélodies mélancoliques et rythmes endiablés, le tout servi par une réelle entente entre les musiciens!

Bonne écoute!

October 6, 2013

Missie : malaise au National

Grand moment de perplexité hier soir au National devant la pièce Missie et la réaction du public. Cette pièce, créée en 2007 et qui avait alors récolté les louanges de la critique (voir le site du National), nous a laissé un sale goût en bouche.

David Van Reybrouck a basé cette pièce sur plusieurs entretiens avec des missionaires au Congo. Elle met en scène le personnage d’André Verveecke, Père Blanc depuis 1959, qui nous fait part des réflexions que lui inspirent son expérience sur place et ses retours épisodiques en Belgique.

Les vingt premières minutes de la pièce forcent l’adhésion du public au personnage d’André, qui, dans son pantalon trop court, apparait d’emblée sympathique avec son accent de Flandre occidentale, réprimandant gentiment ses compatriotes sur leurs travers habituels : brique dans le ventre, râleries sur la circulation… Il donne également une image moderne de la chrétienté : il distribue des préservatifs, critique le célibat des prêtres, casse du sucre sur le dos de Rome… Bref, le grand-oncle que j’aurais rêvé d’avoir!

On tique lorsqu’il critique Lumumba (“C’était un mauvais. Il a monté les Noirs contre les Blancs…”) et s’attend à une tout autre pièce, construite autour d’un personnage ambigu, dans laquelle on nous ferait découvrir la face sombre de ce vieux missionnaire : dévoué et drôle, certes, mais aussi paternaliste, raciste, réactionnaire… Rien de tel : le personnage restera sympathique jusqu’à la fin de la pièce, émouvant même, lorsqu’il évoque les atrocités auxquelles il a assisté et s’émeut de la mort de ses parents. Et c’est là que le propos de la pièce s’avère orienté, voire manipulateur, amenant le public, sous prétexte que le missionnaire a mené une réelle action humanitaire, à prendre pour argent comptant ses réflexions partenalistes et stéréotypées.

Le malaise s’installe définitivement quand il commence à enfiler les clichés sur les Africains et suscite, sans le moindre second degré, un rire de bon coeur dans la salle… Il alterne ensuite franche rigolade et descriptions de l’horreur des guerres congolaises et rwandaises, dans le but de tirer quelques larmes et placer le spectateur sur des montagnes russes émotionelles, en se payant au passage le luxe de considérer les journalistes et ONG humanitaires qui, parce qu’ils ne sont restés que quelques semaines, comme des “touristes qui pensent avoir compris”.

La souffrance des Congolais est instrumentalisée pour banaliser les problèmes “belges”tels que le stress, le divorce (toujours dans la nuance avec le poncif du mari qui refait sa vie avec une jeunette) et aboutir sur le thème éculé de la colère et de l’incompréhension face à Dieu. Ajoutons à ça une bonne dose d’”exotisation” et vous comprendrez notre choc quand la salle – comble – s’est levée pour faire pleuvoir les vivats sur le bon Père André…

April 27, 2013

Hors-champ au Théâtre National

Mardi, Tango et moi avons eu la chance d’assister à la répétition générale de Hors-Champs,  une chorégraphie de Michèle Noiret, réalisée en collaboration avec le cinéaste Patrick Jean et présentée au National. Pour une fois, donc, nous éviterons de publier notre billet après la dernière représentation!

Comme souvent au National, on est impressionné par les moyens déployés dans la mise en scène, mais cette fois-ci cela nous a semblé être véritablement au service de l’oeuvre. La scène est surplombée par un grand écran, de type cinéma, et la pièce commence par la projection d’un film, dans lequel on voit un homme et une femme dans leur salon. Un couple s’approche de leur porte d’entrée et sonne. Ils entrent et saluent leurs hôtes, arrivent dans le salon et écartent le rideau de la porte fenêtre. C’est à ce moment-là que l’on réalise que la scène est filmée en direct dans un décor de studio installé sur les planches du National et que l’on aperçoit les comédiens observant la salle par la fenêtre…

Les danseurs évolueront ensuite au milieu des décors en mouvement, suivis par un caméraman qui révèle et mime tout à la fois le hors-champ du spectacle. Quand les comédiens sont filmés dans leur chambre, l’écran nous montre ainsi une scène d’intérieur intimiste alors que nous pouvons voir la facticité du décor exposé devant nous.

La caméra, avec ses prises de vue plus resserrées, n’est pas toujours tendre avec les comédiens, qui sont danseurs avant d’être acteurs, et met en évidence une certaine maladresse dans leur jeu. La confrontation des dispositifs cinématographiques et théâtraux nous permet également de mesurer l’écart entre ces deux pratiques artistiques.

La pièce interroge constamment le statut des images, l’écran reproduisant tantôt ce qui se passe sur scène en direct, tantôt avec un décalage d’une ou deux secondes.  Des plans préenregistrés peuvent aussi se glisser entre deux plans en direct. Les acteurs et le caméraman recréent également des atmosphères de film particulières (David Lynch, Godard, pulp, film d’arts martiaux). De même, l’écran diffuse régulièrement des images d’archive ou d’actualité. Le spectateur est ainsi encouragé à interroger son rapport à certaines images projetées quotidiennement dans son salon : scènes de lapidation, prises de vues depuis des hélicoptères de combat, images de vidéosurveillance, etc. Les mêmes scènes sont parfois jouées plusieurs fois pour créer une impression de déjà-vu.

Assister à Hors-Champ est une expérience stimulante qui ne se contente pas d’aligner les idées intelligentes mais parvient à vraiment toucher le spectateur tant sur le plan esthétique qu’intellectuel.

Hors-champ, création / conception de Michèle Noiret et Patric Jean
Chorégraphie de Michèle Noiret

Du 24 avril au 8 mai 2013 au National (Boulevard Emile Jacqmain 111-115 à 1000 Bruxelles)

April 22, 2013

Hokusai – vues du mont Fuji et autres paysages du Japon

Dimanche, nous avons eu l’occasion de voir l’exposition Hokusai – vues du mont Fuji et autres paysages du Japon aux musées d’Extrême-Orient (Laeken).

La plupart des estampes se sont révélées vraiment dignes d’intérêt et dans un très bon état de conservation. Une occasion supplémentaire pour se rendre compte du rapport particulier qu’entretiennent les artistes japonais de l’époque avec la perspective. Foxtrot a également admiré l’architecture intérieure du bâtiment abritant le Musée d’art japonais, en particulier la charpente en bois sculpté.

Il est malheureusement difficile d’en dire plus car la muséographie laissait vraiment à désirer et a considérablement nui à la qualité de la visite : on manquait vraiment de place (étant donné l’engouement actuel pour Hokusai et l’ouverture des serres de Laeken toutes proches, les organisateurs auraient pu anticiper le flot de visiteurs). Les estampes n’étaient pas légendées, il fallait arriver à mettre la main sur un des cahiers – en nombre insuffisant, à l’impression de piètre qualité et d’un format peu pratique – pour disposer de commentaires sur les oeuvres.

Prenez garde : le site annonce une fermeture à 17h mais dans les faits, tout le monde est mis dehors à 16h40!

Vous pouvez voir cette expo jusqu’au dimanche 9 juin (4 euros maximum). Attention, certaines estampes seront déjà retirées fin avril.

Musées d’Extrême-Orient
avenue van Praet 44
1020 Bruxelles
+ 32 (0)2 268 16 08
February 25, 2013

Le bruit des os qui craquent

Meilleur spectacle que nous ayons vu depuis plusieurs semaines, cette pièce met en scène Elikia, “une enfant parmi tant d’autres qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain dans une guerre civile chaotique et sans lois. Après une rafle dans son village, la petite devient enfant soldat. Victime, elle devient elle aussi bourreau. Comment grandir et rester humain quand les repères s’effacent ? Trois ans plus tard c’est Josefa, la plus jeune enfant à parvenir au camp des rebelles, qui lui rappelle son enfance, sa famille, son village, son humanité, qui lui donne le courage de briser la chaîne de violence dans laquelle elle a été entraînée.” (www.poche.be)

La gravité du thème était servie par le jeu des deux comédiennes principales, une mise en scène épurée et un texte sobre et efficace. La pièce évite de tomber dans le piège du misérabilisme et, par le biais du fil narratif d’un cahier d’enfant, esquisse un tableau nuancé des guerres civiles, où les forces gouvernementales ne sont pas forcément dignes de confiance et les rebelles pas forcément attachés à la défense d’une cause.

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February 10, 2013

Miroirs de Fernando Pessoa

J’attendais beaucoup de cette adaptation par Paul Emond des textes publiés par les hétéronymes de Fernando Pessoa… et ai été déçue par la mise en scène un peu ennuyeuse de personnages qui s’adonnent conventionnellement à la thématique du double en adoptant un ton grandiloquent. Foxtrot a même piqué du nez, c’est dire!

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February 5, 2013

Les salons d’écoute de la Médiathèque

Page Facebook de l'événement

Page Facebook de l’événement

La semaine passée, Tango nous a emmenés à la Médiathèque du Passage 44 qui organisait un salon d’écoute consacré à John Cage. Le concept est simple : pendant une heure, un passionné nous parle d’un compositeur, d’une époque ou d’un  mouvement musical en alternant sa présentation avec des extraits de morceaux ou d’interviews (particulièrement drôles dans le cas de John Cage). Le résultat est très vivant et l’enthousiasme de Hugues Warin vraiment communicatif.

Un commentaire de l’oeuvre s’avérait vraiment utile dans le cas de John Cage tant sa démarche est particulière : renoncer à l’harmonie et au contrôle du compositeur et mettre en place des dispositifs

Hugues Warin (page Facebook de l'événement)

Hugues Warin (page Facebook de l’événement)

permettant de créer de la musique de manière non intentionelle (projections de cartes du ciel sur du papier à musique, concert de conques glougloutant de manière imprévisible, introduction du hasard jusque dans ses interviews,…) Écouter la musique de John Cage s’apparente parfois à la méditation et à la pratique de la pleine conscience (ce qui n’est pas si surprenant quand on connait l’engouement de Cage pour les philosophies orientales). Bizarre, je trouve quand à moi cette musique tellement intellectuelle…

page Facebook de l’événement

Les prochaines séances à l’agenda sont consacrées à Baudouin de Jaer (en présence de l’artiste), à Michael Jackson et aux chanteurs “hors-piste” (David Bowie, Philippe Katerine, Joe Meek…) C’est gratuit, il est juste demandé de réserver par mail ou par téléphone et ça vaut franchement le détour si, comme nous, vous avez parfois l’impression de manquer de balises dans le domaine musical et que vous souhaitez pouvoir aborder ce domaine un peu plus en profondeur.

February 3, 2013

Ramon & Valy

Belle sélection de pièces vintage (dont une mignonne robe blanche Courrèges à 100 euros), vendeurs très sympa vous attendent chez Ramon et Valy, dans le quartier Saint-Géry. Le cadre est très agréable : le parquet craque doucement, les vêtements ont assez de place pour respirer et parader et j’adore leur énorme miroir!

Ramon & Valy vintage shop

Rue des teinturiers, 19 à 1000 Bxl

January 27, 2013

Vingt-trois prostituées

Bonnes résolutions obligent, Foxtrot et moi avons décidé de nous lancer dans un “défi lecture” : chaque mois, l’un de nous deux sélectionne une lecture pour que nous en discutions ensuite sur le blog.

J’ai donc choisi pour ce mois de janvier la BD Vingt-trois prostituées du Canadien Chester Brown, publiée aux éditions Cornelius.

“Au terme de sa rupture avec Sook Yin Lee, Chester Brown décide qu’il ne veut plus de petite amie. Trois ans d’abstinence plus tard, il décide de sauter le pas et de fréquenter les prostituées. Cet album évoque chacune des vingt-quatre filles avec lesquelles l’auteur a eu des relations sexuelles tarifées entre 1999 et 2010.” (www.cornelius.fr, parenthèse dans la parenthèse : le site de cette maison d’édition est très rigolo!)

Après avoir lu l’avis de Chronicart sur cette BD et m’être senti a priori en désaccord avec leur prise de position conservatrice, j’ai décidé de proposer cette lecture à Tango qui joue souvent le rôle de contrepoids à mon libéralisme débridé. Chester Brown nous offre ici un portrait assez honnête et frontal de ses relations tarifées. On peut y découvrir aussi une (sa?) personnalité assez désaffectée: lorsque sa petite amie lui annonce qu’elle est amoureuse d’un autre et qu’elle souhaiterait une cohabitation à trois, sa réaction est pour le moins flegmatique et donne le ton pour le reste du récit.

J’ai été assez impressionnée par cette bande dessinée : le dessin en noir et blanc sert la plupart du temps un humour pince-sans-rire dont je raffole. Malgré mes craintes, je n’y ai vu aucun misérabilisme, ce qui n’a pas empêché certaines cases de me donner froid dans le dos. La succession des épisodes, scandée par le prénom des 23 (en réalité 24)* prostituées que Chester rencontre, est menée de façon alerte. De temps à autre, le personnage principal débat avec ses amis, hommes et femmes, de son choix d’une sexualité libérée des notions d’amour romantique et d’engagement. Des appendices  et notes complètent l’ouvrage : celles-ci laissent par exemple aux amis de Chester – dont l’auteur de bandes dessinées Seth – la possibilité de nuancer leurs propos rapportés dans la BD ou à Chester l’occasion de développer son avis sur la légalisation de la prostitution ou de s’opposer aux critiques généralement formulées au sujet de la prostitution. Les prostituées sont souvent décrites de manière plutôt positive : elles discutent avec Chester de son travail de dessinateur ou des avantages et inconvénients de leur activité.

 

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January 16, 2013

Les Tissus du Chien vert

Véritable institution bruxelloise depuis 1986, cet immense magasin de tissus exploite sa situation le long du canal pour jouer la carte de la décoration maritime. La maison mère compte trois départements : le Chien vert (tissus de toutes sortes, du coton à la fausse fourrure en passant par le lin et le cuir), les Puces du chien (les fins de rouleaux y sont soldées et vendues en coupons - Tango nous y fait régulièrement une imitation de Gollum serrant contre lui son “precious”-) et le Chien du chien (tissus précieux et chic).

Il est possible d’y faire de très bonnes affaires, d’autant plus en périodes de soldes (pour une fois, T&F est presque d’actualité!). J’y ai trouvé du tissu pour mes tentures, mes coussins et bon nombre de vêtements!

Et si la confection n’est pas l’un de vos loisirs préférés, la balade dans ce magasin tout en dédales, beaux parquets et objets insolites vaut largement la peine à elle seule.

Il est maintenant possible d’y suivre des cours (beaucoup sont destinés aux débutants, parfait!) et le magasin a également des implantations à Waterloo et Hognoul.

Les Tissus du Chien vert à Bxl : rue du chien vert, 2  1080 Bruxelles
Tel  0032  2 411 54 39.

Le Chien du chien : Quai des Charbonnages 50a 1080 Bruxelles
Tel  0032 2 414 84 00.

Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h00 (vous y recevrez peut-être une rose si vous y allez le samedi après-midi!)

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