Couleur de peau : miel

Je l’avoue, en général, je ne suis pas fan des films focalisés sur les enfants (en même temps, deux exceptions me traversent l’esprit : Ma vie en rose et Tomboy) sauf s’il s’agit de films d’animation. J’ai par exemple beaucoup apprécié l’adaptation réalisée à partir de la BD Persepolis de Satrapi. Nous étions donc très intrigués par Couleur de peau : miel, qui raconte la vie et les interrogations d’un jeune Coréen adopté par une famille belge.

Dans ce film adapté d’une BD, écrite par Jung, personnage principal du film, le dessin côtoie les images d’archives et les entretiens avec le dessinateur : les croquis de Jung s’envolent de la page et prennent vie pour nous mettre en scène les souvenirs ou les angoisses de celui-ci. Malheureusement, l’animation est assez décevante et le dessin parfois assez maladroit. Le passage que j’ai trouvé le plus réussi, c’est quand le jeune Jung découvre l’animation japonaise. Certaines scènes reprennent alors avec succès le style et l’outrance absurde de certaines productions de l’époque. Paradoxalement, les images les plus prenantes restent les archives 8mm prises par le père de la famille.

Si j’ai trouvé certains passages très drôles (la discussion des deux ados d’origine coréenne au sujet de leur rapport à la Corée, au Japon et à l’Europe) ou touchants (les relations au sein de la fratrie), le film m’a paru dans l’ensemble plutôt gentillet : peu cinématographique, ce film “dit” tout mais ne “fait” pas grand-chose. Dommage, il y avait beaucoup d’autres facettes à explorer ou approfondir dans ce sentiment d’être déracinés – généralement peu évoqué – qu’éprouvent les enfants adoptés.

Je me suis senti assez exaspéré à plusieurs reprises dans le film (la bouille de Jung adulte en gros plan dans un taxi coréen, façon Michael Moore) et on a effectivement un sentiment de trop peu en sortant du cinéma. L’histoire reste tout de même intéressante en soi et c’est agréable de voir des films qui préfèrent un portrait particulier et délicat à une surenchère de traumas ou de drames.

PS : un entretien croisé avec le dessinateur et le réalisateur.

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