Archive for August, 2012

August 30, 2012

Geeky blogs and vlogs

Une nouvelle rubrique (pas originale pour deux sous) pour vous donner un aperçu de notre blogobulle.

Ask a physicist/mathematician : dans le format réponse au courrier des lecteurs, ces deux blogueurs abordent toutes sortes de questions allant de la physique quantique et la cosmologie à la théorie des nombres et la cryptographie. Accessibles à tous, leurs réponses sont généralement organisées en deux parties: une vulgarisée et une lourdement mathématique.

Tv Tropes : vous avez tendance à perdre un temps fou sur Wikipédia? Ceci va ruiner votre productivité. Une compilation par les fans de tous les idiomes, ficelles narratives et lieux communs présents dans le cinéma, les comics et la littérature populaire. Redécouvrez vos héros favoris passés au scalpel avec un ton très ironique (et une foultitude de liens référençant les articles entre eux)

Captain Awkward et Dear Coke Talk: sur le ton du courrier des lecteurs des magazines (peines de coeur, vie en société,…), ces deux blogs répondent à nos questions. Captain Awkward essaie d’aider les nerds à naviguer dans la vie sociale et sentimentale avec énormément de compassion et de très bons conseils (et la communauté liée à ce site a l’air absolument géniale.) Dear Coke Talk par contre est une sorteuse de Los Angeles, brutalement directe et vulgaire, qui s’est donné pour mission de rabattre le caquet aux hipster, rednecks, politiciens et apparemment tous les groupes de la population imaginable. Très cathartique.

Know your meme et Kids/teens/elders react : Know Your Meme dissèque les fameux mèmes se propageant sur internet et fournit souvent un bon éclat de rire (en plus de nous éclairer sur certains commentaires ou références qu’on peut parfois croiser sans les comprendre.) Les deux compères de TheFineBros, dans le même filon, présentent des vidéos Youtube particulièrement populaires à un groupe d’enfant/d’ado/de sexagénaires et recueillent leurs réactions dans une ambiance très bon enfant.

The Anime Zone : pour les fans d’animés, des critiques déjantées, drôles et très bien réalisées. Attention, ça parle très, très vite.

Harry Potter and the Methods of Rationality  et Less Wrong : probablement la FanFic sur Harry Potter la plus populaire du web, écrite par Eliezer Yudkowsky, créateur de la communauté LessWrong. Eliezer est un chercheur dans le domaine de l’intelligence artificielle générale et a commencé à bloguer sur OvercomingBias. Ses articles concernent généralement de près ou de loin la rationalité et le point de départ de HPMOR est de postuler un Harry fervent partisan de la méthode scientifique et qui décide de l’appliquer au domaine de la magie (afin de conquérir le monde! Euh…, de l’optimiser.) L’histoire dévie très vite de l’original, Harry se liant notament d’amitié avec Draco, fait chanter Dumbledore et se lance dans toutes sortes de complots et de conspirations. (L’auteur a lu Death Note, pour vous donner une idée de la complexité de l’intrigue.) Une histoire qui vaut définitivement le détour (que vous ayez aimé ou détesté l’original. Un caveat cependant, Harry sombre parfois dans un côté Petit Professeur) Pour ce qui est de LessWrong, il s’agit d’une compilation d’articles présentant des idées intéressantes sur la rationalité, l’intelligence (artificielle ou non), l’éthique, la singularité technologique, la cryogénisation… Toutes sortes de sujets qui ont le don de faire frétiller les papilles de pas mal de geeks/nerds. A noter tout de même que cette communauté souffre quelque peu (quoiqu’elle essaie de l’éviter) d’un culte de la personnalité envers Eliezer, ce qui peut être assez agaçant.

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August 29, 2012

Petit cours (presque) particulier (2)

Et dans la catégorie mots-faciles-mais-souvent-mal-écrits sont nominés :

– ACOMPTE (oui, un seul C) ;

– ADRESSE (un seul D, contrairement à sa traduction anglaise) ;

– FABRICANT (C et non QU) ;

– FINALEMENT (un seul L, contrairement à l’anglais) ;

– QUELQUE TEMPS : pas de S à “quelque”. Pourquoi? Le mot “temps” est au singulier ici, l’expression ne veut pas dire “plusieurs temps” (qui dirait cela?) mais bien “un certain temps”. “Quelque” signifiant “un certain, une certaine” est assez rare aujourd’hui, sauf dans des expressions très courantes comme “quelque chose” ou “quelque temps”.

August 21, 2012

Petit cours (presque) particulier

Cinq confusions que je vois parfois en ville (sur les affiches ou les menus) et qu’il est assez facile d’éviter :

– TRAFIC s’écrit avec un seul “f” (en anglais, c’est vrai, il y en a deux)

– GAUFRE aussi ne compte qu’un seul “f” (comme en néerlandais, “wafel”!)

– PARMI s’écrit sans “s” (à ne pas confondre avec “hormis”)

– CAROTTE : un “r”, deux “t”. A ne pas confondre avec l’anglais, une fois de plus. Pour information et pour rester dans le thème, on écrit “échalote” (un seul “t”).

– ACCUEIL : attention à l’ordre des voyelles, c’est important pour la prononciation du mot.

Si vous avez vu d’autres cas intéressants, n’hésitez pas à les signaler dans les commentaires!

August 19, 2012

Sense of Place

Elina Brotherus Still images from The Black Bay Sequence
http://www.bozar.be

L’exposition phare de l’été de la photographie nous offre une fois de plus l’occasion de décrouvrir de très belles photos en grand format.

Il est toujours difficile de parler d’une expo photo, surtout quand elle mêle les oeuvres de 4O artistes. Le paysage européen en constitue le fil conducteur (une autre exposition sur le même thème et portant le même nom a aussi eu lieu aux Etats-Unis.)

On commence par une salle consacrée à la Mer du Nord – peut-être pour immédiatement éveiller l’émotion chez le visiteur belge -, remplie de photos noir et blanc nous offrant la mer grise, le ciel brumeux et le rocher anthracite. Se détache une belle photo du casino de Blankenberge posé sur la mer tel un vaisseau spatial.

On continue vers le nord avec de magnifiques photos de forêts danoises, aux contrastes saisissants et à l’ambiance mystérieuse (Per Bak Jensen) ainsi que les horizon series de Olafur Eliasson, un autre Danois, qui nous offre des photos à 360° de l’horizon. Ces photos très larges et très fines, complètement dénuées de traces humaines,  font penser à certaines prises de vue des rovers de la NASA sur Mars ou la lune et sont juste fascinantes.

J’ai beaucoup aimé le travail de Joan Fontcuberta qui se sert d’un logiciel de modélisation pour transformer des peintures des XIXe et XXe siècles en représentations de paysages qui interrogent tout à la fois le statut de la perception et celui de la photo. 

J’ai aussi été particulièrement frappé par le travail de Thomas Weinberger qui superpose deux prises de vue d’un même lieu, une de jour, une de nuit, pour obtenir une lumière de fin du monde, stérile, morte, sèche, effrayante (notamment les petits pavillons de banlieue dominé par une énorme usine toute blanche). Sans oublier les structures métaliques d’Ilkka Halso qui met parfois la forêt sous verre dans des compositions qui font penser aux bandes dessinées des années 70, par Christin et Bilal entre autres.

 Petit regret, s’il est sympa de fournir aux visiteurs un carnet récapitulant les artistes exposés, il vaudrait mieux que celui-ci fournisse des commentaires à la hauteur des photos exposées ou présente du moins un contenu un tant soit peut fouillé. C’est néanmoins toujours un plaisir de découvrir de nombreuses photos qui se répondent de salle en salle.

Sense of Place sur le site du Bozar

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August 19, 2012

Mapping Cyprus

St. Mamas, Limassol, Church of St Andronicos and Athanasios, Diocese of Limassol, end of 15th Century
http://www.bozar.be

Une très chouette expo sur ce pays à la frontière de l’Europe et à l’histoire politique assez compliquée. De très belles icônes dans le style byzantin (on avoue, on est incapables de résister à l’iconographie byzantine, donc c’était un peu gagné d’avance.) De nombreuses cartes de l’île réalisées à différentes époques (parfois joliment enluminées) viennent aussi émailler cette exposition et nous font prendre conscience du défi de la cartographie dans un monde sans GPS, satellites ou photos aériennes.

On peut découvrir un codex dédié à la musique de cour du XVe siècle : les partitions sont projetées au mur pendant que la musique est reproduite dans une espèce de karaoké pour mélomane médiéviste. J’ai trouvé le résultat final assez plaisant (mais apparemment j’étais le seul à avoir un goût pour les chants polyphoniques.)

Quelques peintures nous présentent la mode de la cour de Nicosie durant l’époque vénitienne. On remarquera un  beau tableau à la composition intéressante mettant en scène l’abdication de Catherine Cornaro en faveur de la République de Venise.

Malgré mon goût pour l’histoire d’Othello, j’ai trouvé la section qui lui était consacrée plutôt anecdotique.

Nous sommes contents d’avoir vu cette exposition grâce à un ticket combiné avec l’expo Sense of place (ce qui fait revenir la place à 4€) : nous aurions pu éprouver à un sentiment de trop peu. Mais cela reste une exposition agréable, à l’ambiance tamisée et mystique qui permet de découvrir les pièces dans un cadre idéal.

Mapping Cyprus sur le site du Bozar

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August 7, 2012

Esperanzah !

Le joli cadre de l’abbaye de Floreffe sous le soleil ;

Le son électro de Misteur Valaire et Hilight Tribe, les chansons gaies et pop-folk de Kiss and Drive, les rythmes électro-jazzy de Caravan Palace ;

Un festival engagé (Village de la justice climatique et Cabaret des possibles) ;

Une concentration de looks cool et colorés ;

Bref, que du bonheur!

En images…

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Et en musique!

 

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August 5, 2012

Moeder Lambic – Fontainas

Après chaque virée chez les bouquinistes du boulevard Anspach et des environs (bientôt une note à ce sujet, promis!), Foxtrot et moi nous échouons, chargés mais heureux, à la terrasse ou dans la salle, sobre et moderne, du Moeder Lambic, place Fontainas.

La carte de ce bar à bières (qui sévit aussi à Saint-Gilles) est impressionnante (j’aime beaucoup la Faro Cantillon, la Quintine ambrée et la blonde Val-Dieu), les suggestions toujours inspirantes, les serveurs sympa et vraiment calés et… les pickles servis avec le cervelas délicieux!

Moeder Lambic Fontainas
8 place Fontainas, 1000 Bruxelles
Tel.: 32 2 503 60 68
Lu,Ma,Me,Je,Di : 11:00 > 01:00
Ve,Sa : 11:00 > 02:00

http://www.moederlambic.com

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August 2, 2012

De rouille et d’os

Quelques siècles après tout le monde (je fais mon mea culpa, il faut vraiment que je sois dans un bon jour pour supporter un film dur au cinéma, d’autant plus quand on y traite d’atteintes au corps, de mutilation, de violence… suis une petite nature…), nous sommes allés voir De rouille et d’os, de Jacques Audiard (au cinéma L’aventure, derrière la Bourse. Chaque fois que j’y vais, j’ai l’impression de pénétrer dans un ciné X, moquette zébrée et murs fuchsia obligent !) Ca n’a pas loupé, j’ai fermé les yeux à plusieurs reprises (j’ai même failli me boucher les oreilles mais il me fallait une main libre pour broyer celle de Foxtrot!) J’en ai tout de même assez vu pour apprécier la photographie, l’interprétation des deux acteurs principaux, surtout leur gestuelle, leurs déplacements, les mouvements utilisés autrefois pour dompter les orques que Marie répète sur son balcon après son accident.

J’étais personnellement moins fan de la photographie, que j’ai trouvée un peu « m’as-tu-vu » avec ses moments saturés de soleil ou la granulation de la scène des orques. Par contre, le personnage d’Ali est vraiment fascinant et parvient à crever l’écran par son animalité et la violence qui émane de lui à tout moment. Marion Cotillard parvient à se maintenir à la hauteur la plupart du temps, aidée, il faut bien le dire, par la fascination qu’exercent ses moignons, puis ses prothèses. J’ai bien aimé la manière dont elle rendait la fascination qu’Ali exerce sur son personnage et la soif de vivre qu’elle en retire mais un peu moins son côté maniéré lors des dernières scènes. J’ai détesté le happy end, inutile, léché et hautement improbable.

Pour ce qui est du scénario, je ne sais pas très bien par quel bout prendre mes sentiments. J’aime la trajectoire complètement irresponsable d’Ali : il ne se refuse jamais un plaisir, il est violent, néglige son fils, lui explose dessus à la moindre contrariété, dans une absence totale de réflexion sur sa vie, ses comportements et leurs effets sur les gens qui l’entourent. C’est cette absence de conscience de soi et ce côté jouissance de l’instant au premier degré qui va lui permettre de tirer Stéphanie de la dépression, ce qui m’apparait à la fois comme assez juste et un peu bateau. Le film est assez réussi dans sa manière de montrer tout le potentiel nuisible, toxique et chaotique d’Ali et à nous le rendre parfois sympathique et attachant. Il semble en cela conçu pour perturber le petit-bourgeois qui oscille entre réprobation moraliste, attachement pour sa franchise brutale et fascination pour ses désirs sans détour. C’est peut-être typiquement petit-bourgeois de résumer cela à un schéma ouvrier-chômeur-amoral-violent, non ? J’avoue bien tomber dans ce panneau mais je ne saurais dire si c’est dû aux mérites du film ou à mon embourgeoisement (mouais… quant à moi, j’ai simplement oscillé entre admiration pour ses mouvements de fauve et irritation : je déteste ce qu’il me rappelle des types de mon école primaire ou de mes voisins qui engueulent leur gosse sans mesure, même si je reconnais que ce personnage est tout à fait outrancier).

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