Archive for September, 2012

September 30, 2012

Pylade de Pasolini

Le Rideau de Bruxelles démarre la nouvelle saison sur les chapeaux de roue avec une pièce et un lieu tous deux impressionnants. Cette année encore, le Rideau sera nomade : l’occasion de découvrir de nouveaux lieux dans des endroits parfois surprenants (une fabrique réaffectée près de la Gare de l’Ouest dans ce cas-ci.)

La salle Carthago Delenda Est est un projet de Lazare Gousseau qui s’offre comme lieu de répétition pour une douzaine de compagnies (le National y compris) mais on y organise aussi des cours, des expositions, des tournages. Il s’ouvre au public cette année avec une pièce de Pasolini, qui trouve ici une scène à sa hauteur.

On entre dans le hangar principal, en longeant une étagère gigantesque pour prendre place dans un demi-cercle de chaises définissant un espace central assez flou où picorent quelques poules. Les acteurs sont appuyés nonchalamment contre les murs et observent les spectateurs.

La lumière du soir, qui décline tout au long de la pièce, éclaire la scène. L’utilisation de la lumière dans la mise en scène est d’ailleurs particulièrement imaginative et vaut le détour à elle seule. Le texte, quant à lui, m’a paru beaucoup plus accessible que beaucoup d’autres de Pasolini et préfigure des questions contemporaines (les compromissions parfois infâmes du jeu démocratique, les impératifs de la société de consommation, etc.)

On retrouve les textes très denses de Pasolini avec ses motifs poétiques habituels: les jeunes hommes, le sexe, la mort. Les acteurs s’en sortent pour la plupart très bien à l’exception, à mon avis, d’Athéna qui déclame de manière assez exaspérante (d’un autre côté, ce n’est jamais facile de jouer une déesse). Elle ne m’a pas dérangée, tous les acteurs déclament un peu, le texte me paraît difficilement permettre autre chose. Et son costume est superbe! L’interprétation d’Oreste me semblait plus faible, quant à moi. Pour ce qui est du contenu, on observe les interrogations du libéralisme et les tentations fascistes et communistes dans des échanges sans manichéisme. Enfin, la mise en scène atteint un bon équilibre entre intellectuel et sensibilité avec, en plus du travail sur la lumière, des pièces musicales interprétées par deux des acteurs.

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September 11, 2012

Fruit-time !

Nous avons découvert un chouette endroit où cueillir fraises, framboises, fleurs et peut-être plus tard myrtilles et pommes : Fruit-time, à Anderlecht. Le principe : vous prenez à la caisse un ravier, vous cueillez, pesez et payez. Un agréable moment au soleil qui vous permet en plus de faire le plein de fruits rouges ou de fleurs à moindre coût. Petit conseil, vérifiez la disponibilité des fruits sur internet au préalable.

http://www.fruit-time.be/

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September 9, 2012

L’éveil du printemps

L EVEIL DU PRINTEMPS

J’avais très envie de voir cette pièce de Frank Wedekind. Publiée à la fin du XIXe siècle en Allemagne (et bien sûr censurée, vous comprendrez vite pourquoi), elle interpelle par la modernité des thèmes qu’elle aborde : découverte de la sexualité par de jeunes gens, attirances troubles, suicide, etc. Le plus intéressant reste à mes yeux la mise en scène du poids des non-dits : école, famille, religion, tout concourt à dissimuler aux jeunes les raisons et la portée de leur émoi, d’où de lourdes conséquences…

J’ai cependant été très déçue par le spectacle que j’ai pu voir au Public. Les comédiens déclamaient, pour la plupart, et ont donc rapidement agacé les spectateurs. Par contre, la scénographie était très belle : les jeux de lumières et la chorégraphie mettaient particulièrement la question du corps en exergue.

Je ne peux qu’enfoncer encore un peu plus le clou, le jeu des acteurs était scolaire et certains passages potaches en renforçaient encore le côté estudiantin. Je ne suis franchement pas convaincu par la pertinence de rejouer cette pièce de nos jours: s’il s’agissait d’un brûlot à l’époque, elle brosse trop le spectateur dans le sens du poil aujourd’hui. Il est facile de se sentir gonflé d’un sentiment de supériorité face au ridicule (l’horreur aussi) de la morale sexuelle victorienne. Pas d’accord! Je ne suis pas sortie emplie d’un “sentiment de supériorité” mais d’angoisse (relative) : n’es-tu pas le premier à pointer les dangers du puritanisme de l’Eglise américaine ? De la même manière, la caricature du corps professoral, certainement un coup de tonnerre à l’époque, tombe un peu à plat quand casser du sucre sur le dos des enseignants est devenu un sport international. Bref, si vous voulez plonger dans les obsessions et les angoisses adolescentes, mieux vaut redécouvrir la filmographie de Larry Clark, à mon avis.

Peut-être serons-nous davantage convaincus par une autre version, créée, quant à elle, au Rideau en février-mars 2013?

September 6, 2012

Brussels Vintage Market

Depuis le 5 août, le Brussels Vintage Market a déménagé ses nippes, ses cupcakes et ses vinyles aux Halles Saint-Géry.

Si l’envie vous prend de dénicher un T-shirt à deux euros, des bijoux de petits créateurs ou de la vaisselle au design ’70-’80, rendez-vous le premier dimanche du mois, de 12h à 19h!

Vous êtes persuadé que les fringues de seconde main sont importables, sentent le moisi et/ou colportent le scorbut et le choléra? Vous pourrez vous rabattre sur les vinyles “dans les bacs”  (expression so Fun Radio) ou les platines du DJ !

Toutes les infos sur :

http://brusselsvintagemarket.be/

September 2, 2012

Thomas Champagne Trio + Lorenzo Di Maio

Il y a quelques jours, dans un grand élan de générosité pour qui connaît mon amour de la musique électro (mais comme on dit, je suis en chemin…), j’ai proposé à Foxtrot de faire un tour à la RTBF DJ experience. Ne voilà-t-il pas qu’il me répond que “bof, j’y suis déjà allé, le son est pourri et l’ambiance trop estudiantine à mon goût. Si on allait plutôt au Music Village?” Ma foi,devant cette perspective d’écouter de la “vraie musique” (le chemin est encore long pour moi, je pense), tous deux assis dans un endroit cosy devant un verre de vin, je ne pouvais plus que me féliciter de voir Foxtrot prendre de l’âge 😉

L’ancêtre et la jeunette ont donc pu écouter un trio + 1. Une formation très Free Jazz, peu groovy, pour une ambiance assez intello. Comme de coutume pour cette mouvance musicale, la batterie, toute en caisse claire et cymbales, n’était pas mise en avant. Heureusement, la contre-basse s’en donnait à coeur joie avec des lignes complexes et travaillées. Le sax et la guitare jouaient des partitions très virtuoses. Moi qui suis plutôt fan des saxo chauds, j’ai pu découvrir quelque chose de très différent, avec de belles envolées lyriques. La star incontestable de la soirée était Lorenzo Di Maio, complètement hallucinant à la guitare, mais là encore dans un registre assez intellectuel et froid plutôt que blues et soul.

Une soirée fort fructueuse, donc, qui nous a permis de découvrir une formation qui mettait l’accent sur des instruments qui ne me font d’habitude pas tellement vibrer et un style assez libre, qui plait généralement beaucoup à Tango (effectivement, j’ai beaucoup aimé!) et m’enthousiasme moins. Une agréable surprise, en conclusion !

The Music Village

Rue des Pierres, 50  (1000 Bruxelles)

http://www.themusicvillage.com/