Archive for December, 2012

December 16, 2012

Cendrillon

Reprise de 2011, cette pièce montée par Joël Pommerat revisite agréablement le conte de Cendrillon pour mettre l’accent sur le deuil et la portée des malentendus. La scénographie est vraiment très belle, l’utilisation de la lumière et des sons intéressante – mais peut-être un peu effrayante pour de jeunes enfants -, l’interprétation du personnage de Cendrillon réussie. Nous avons particulièrement apprécié l’atmosphère inquiétante – typique des contes de fées – distillée par la diction de la narratrice, mâtinée d’humour.

Au National, du 27 novembre au 31 décembre 2012 (durée : 1h30).

Tags:
December 15, 2012

Amour

Au cœur du dernier film de Michaël Haneke : un couple de professeurs de musique retraités qui doit faire face à la maladie de la femme. Comme souvent chez le réalisateur autrichien, la violence prend le pas : la promesse extorquée par Anne de ne pas être emmenée à l’hôpital, la gifle que Georges assène à sa femme clouée au lit, la distance presque méprisante qui s’instaure petit à petit envers leur fille, la mort d’Anne…

Sans compter le traitement infligé par l’une des infirmières à domicile. Même si la violence apparaît souvent, je dirais que c’est surtout un film sur les conditions effroyables de l’extrême vieillesse (et encore, les deux protagonistes disposent de ressources financières) mais aussi et surtout sur l’amour et ce qui peut y être lié : le dévouement, la complicité, les disputes pleines de mauvaise foi…

J’ai préféré ce film à Funny Games, que j’avais trouvé un peu vain, même si j’ai ressenti la même froideur dans les rapports entre les personnages. Moi qui n’aime guère les déballages sentimentaux et démonstratifs, j’ai plutôt été frappée par des échanges empreints de patience et de délicatesse.

J’ai apprécié le parti pris de Haneke : évoquer la maladie sans montrer l’hôpital. Le spectateur vit la situation de huis clos à la fois rassurante et oppressante à laquelle sont réduites beaucoup de personnes âgées.

Quant aux acteurs, j’ai d’abord trouvé Emmanuelle Riva horripilante mais je salue son interprétation de vieille femme malade dans le reste du film. L’interprétation de Jean-Louis Trintignant est solide du début à la fin. En parlant de la fin, j’ai trouvé l’avant-dernière scène très belle… Évidemment, Haneke ne pouvait rester sur une si belle image, il a préféré focaliser la dernière scène sur la solitude de la fille errant dans l’appartement vide de ses parents.

Tags: ,